La Beodradska Arena est connue pour être l’une des salles où il est le plus difficile de s’imposer en EuroLeague. Une réputation qui ne tient plus vraiment, tant les deux clubs de Belgrade y ont du mal à l’emporter cette saison. Décryptage d’un mythe qui bat de l’aile.
Un chaudron, un enfer, une forteresse imprenable… C’est ainsi qu’est souvent décrite la Beogradska Arena. Et à raison. La ferveur sans pareille du public local, qu’il soit de noir ou de rouge et blanc, fait de cette salle une place forte du basket européen, qui ne manque pas d’impressionner voir de terroriser les adversaires qui osent s’y présenter. Chaque année en pré-saison, lorsque l’EuroLeague fait ses petites interviews, neuf joueurs sur dix répondent « Belgrade » à la question « Quel est le déplacement le plus difficile ? » (et le dixième joueur, c’est bien souvent parce qu’il joue pour l’une des deux équipes de Belgrade)
Mais voilà, en cette saison 2024-2025, cette réputation ne tient plus. Un mythe s’effondre. Car statistique hallucinante : à quatre journée de la fin, le Partizan Belgrade affiche un bilan à domicile de 8 victoires pour 7 défaites. Un bilan plus que moyen, égal à celui du Maccabi, qui joue à huis-clos et dans une salle qui n’est pas la sienne. Dans la ligue seuls l’Alba Berlin et la Virtus Bologne ont un pire bilan chez eux. La Beogradska Arena n’est visiblement plus si imprenable que cela…
Tant d’équipes sont venues cette saison à la Beogradska Arena, voler la victoire au Partizan, au grand dam des supporters serbes qui restent impuissants en tribunes, malgré leur ferveur. Milan, l’ASVEL, Bologne, et même l’ennemi l’Etoile Rouge, entre autres, sont ainsi venus frustrer les 20 000 âmes de la salle.
Lors de la dernière journée, l’Anadolu Efes est même venu coller 32 points aux hommes de Zeljko Obradovic, malgré une ambiance, comme toujours, de folie. Le mythique entraîneur paraissait totalement désabusé après la rencontre :
« On a manqué de tout. On a probablement sorti notre plus mauvais match de la saison » (via EuroLeague TV)
Déjà que la saison n’est pas flamboyante… Avec un effectif totalement renouvelé, le Partizan affichait pourtant de belles ambitions en début de saison. Un roster athlétique,des lignes arrières très bien fournies… il y avait tout pour attendre une grande campagne avec le maître Obradovic à la baguette. Mais au final, le Partizan, actuel 12ème, pourrait de nouveau manquer les play-in. Vendredi, bien qu’à la maison, ils ont manqué l’occasion de basculer dans le top 10 en perdant le choc contre l’Anadolu Efes, un adversaire direct pour les barrages.
A PEINE MIEUX POUR L’ETOILE ROUGE
Triste constat que de voir ces fans magnifiques aussi peu récompensés par les résultats de leur équipe. Et ce constat peut aussi s’appliquer au voisin l’Etoile Rouge qui, dans cette même salle, affiche un bilan de 8 victoires pour 6 défaites, soit le 14ème de la ligue juste devant le Partizan. A peine mieux.
Leur faculté à l’emporter hors de leurs bases leur permet de se maintenir haut dans le classement, provisoirement dans le top 6, mais le chiffre reste bien surprenant quand on connait l’ambiance là-bas.
En pleine course aux Playoffs, toute équipe doit pouvoir compter sur ses matchs à domicile, soutenu par son public, pour engranger les victoires. Surtout, lorsqu’on s’appelle Partizan ou Etoile Rouge de Belgrade et qu’on dispose d’une forteresse comme la Beoradska Arena. Mais cette saison, ce n’est pas le cas. Aussi surprenant que cela puisse paraître, de plus en plus nombreuses sont les équipes qui parviennent à dompter le feu de l’arène, et repartir en vainqueur.
Des salles comme Gaston-Médecin, le Palau Blaugrana, l’Unipol forum de Milan, ou encore le Basketball development center de l’Efes, portent plus à la victoire cette saison. Ça la fout mal.
Il reste deux matchs à domicile pour le Partizan : contre l’Alba (ne soyons pas inquiets) et un choc contre le Real. Deux victoires obligatoires pour espérer atteindre l’objectif du club. Quant à l’Etoile Rouge, ils recevront également le Real, mais aussi l’Anadolu Efes qui, comme on l’a vu, ne sera pas franchement impressionné par le décor. Avec un top 6 visé, les Belgradois n’ont pas le droit à l’erreur devant leurs fans.