Une ligue majeure des Etats-Unis qui veut créer une ligue sur un autre continent ? Ce n’est pas la première fois que la situation se présente. On vous passe en revue deux cas de figure qui font écho au projet : ce qu’a fait la NBA en Afrique avec la BAL; ce qu’a tenté de faire la NFL en Europe avec la NFL Europe.
LA BAL : LE MODELE PARFAIT POUR LA NBA EN EUROPE
Lorsque les intentions de ligue NBA en Europe sortent, un exemple est dans toutes les têtes : la Basketball Africa League (BAL). Et oui, fonder et réussir sur un autre continent, la NBA l’a déjà fait.
Pour cela, il faut remonter au All-Star Game 2019, à Charlotte, lorsqu’Adam Silver présente pour la première fois le projet de la grande ligue en Afrique. L’idée est de créer une nouvelle ligue sur le continent, en collaboration avec la FIBA et les clubs, pour y favoriser le développement du basket et faire éclore les pépites qu’il renferme en nombre.
Conséquence directe de l’arrivée de la NBA en Afrique : l’historique Coupe d’Afrique des clubs champions disparait du jour au lendemain, après preque 50 ans d’existence. Sous l’impulsion de la FIBA et de la ligue nord-américaine, la BAL prend le relais, avec ses moyens financiers enfin à la hauteur de l’immense potentiel africain. La clubs mythiques du continent comme le Petro de Luanda (Angola) ou Al Alhy (Égypte) font tous partie du projet.
Concrètement, cette BAL se joue en parallèle des championnats domestiques, finalement sur le même modèle que les Coupes d’Europe. La ligue engage chaque année 12 équipes ; les champions des six meilleurs championnats africains sont directement qualifiés : Angola, Égypte, Tunisie, Maroc, Sénégal et Nigeria. Les six derniers tickets s’arrachent entre 32 autres clubs sur des tournois de qualifications, joués en octobre et novembre.

Les douze équipes qui ont participé à la première saison de la BAL (crédits photo : BAL)
Les douze équipes sont réparties en trois conférences géographiques, et disputent la saison régulière de mars à mai environ, avant un Final 8 en juin, cette année à Pretoria (Afrique du Sud). Là, les deux premiers de chaque conférence, ainsi que les deux meilleurs troisièmes se disputent le titre final.
Sur le plan sportif, la compétition est un véritable succès. Après quatre saisons, on compte quatre champions différents, avec pas moins de 34 équipes de 23 pays africains différents qui ont déjà participé à la saison régulière.
Sur le plan comptable, l’étiquette « NBA Afrique » a a permis d’attirer des sponsors mais aussi de la médiatisation au basket africain et ses clubs. L’économie ne s’en porte que mieux. Les recruteurs ont suivi le même chemin, ce qui favorise la détection et l’éclosion des jeunes talents africains. A tout point de vue : une bien belle œuvre que cette BAL.
LE PROJET DE LA NFL EUROPE : QUAND UNE LIGUE MAJEURE AMERICAINE SE CASSAIT LES DENTS SUR LE VIEUX CONTINENT
Non, la NBA n’est pas la première ligue majeure des Etats-Unis à rêver de filière européenne. En 1989, la National Football League, ligue de football américain, annonce fièrement la création de la « World League of American Football », après 15 ans de discussions.
Le projet est colossale : il s’agit de la première ligue sportive « trans-atlantique » de l’histoire. Car cette ligue, faisant office de ligue mineure de développement pour la prestigieuse NFL, rassemble des franchises US, qui ne concourent pas en NFL, mais aussi des des franchises européennes comme les Dragons de Barcelone, ou le Galaxy de Francfort. Les règles en vigueur sont assez similaires à celles de la NFL, mais certains points sont aménagés pour mieux convenir à l’Europe, dont les fans sont plus habitués au foot (pardon, au « soccer ») et au rugby.
La première saison est disputée en 1991, et les Monarchs de Londres s’imposent dans ce qui est le tout premier « World Bowl » de l’histoire.
Deux ans plus tard, cette World League est déjà mise en suspens, faute de succès aux Etats-Unis. Elle reprend en 1995, mais devient une ligue 100% européenne, les franchises mineures américaine ayant quitté la compétition. De nouvelles équipes en Ecosse et aux Pays-Bas voient le jour. Un engouement qui ne s’inscrira pas dans la durée puisqu’en juin 2007, moins d’une semaine après ce qui sera donc le dernier « World bowl » de l’histoire, la NFL annonce l’arrêt de la dite NFL Europe. Sur cette dernière saison, la filiale européenne du football américain ne comptait plus que six équipes, venant de seulement deux pays différents (Allemagne et Pays-Bas).

Durant son existence, le déficit s’élevait en moyenne à 30M de dollars par saison. La NFL s’est donc ravisée, préférant se concentrer sur la délocalisation de quelques matchs de pré-saison et de saison régulière par-ci par-là, comme elle le faisait déjà auparavant.
Aujourd’hui, sachez qu’une nouvelle ligue européenne de football américain a vu le jour de son côté en 2021 : la « ELF » pour European League of Football. Comble de l’histoire, la NFL a cédé à cette nouvelle ligue l’autorisation de réutiliser le nom des anciennes franchises européennes de la NFL Europe, bien qu’elle soit complètement indépendante. La ELF se construit donc, et prospère sur les ruines de la NFL Europe.
En 2025, cette ELF compte 16 franchises de 9 pays différents, et projette d’atteindre 24 équipes en lice à terme. Des chiffres qui valent le triple de ce qu’avait pu rassembler la NFL sur le sol européen à son apogée. D’ailleurs, nos Mousquetaires de Paris ont rejoint la ligue en 2023, jouant ses matchs au stade Jean Bouin du Stade Français rugby. De son côté, la NFL continue ses « international series », ses matchs délocalisés, avec des dates prévues en 2025 à Berlin, Londres et Madrid.

Le Frankfurt Galaxy, champion en 2003 contre le Rhein Fire (crédits photo : Lawrence Journal World)